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Arasil face ses responsabilités

Publié le par Fabien Maisonneuve

Arasil face ses responsabilités

 

- Arasil -

 

Il était temps pour moi de sortir de ma réserve. Je ne pouvais pas hésiter plus longuement. J'avais été entraîné pour ça. Pour trancher. Cela faisait deux mois que nous avions quitté le pic de Timra en compagnie de Zana, et déjà la saison des tempêtes était derrière nous.

Nos amours tourmentés ne pouvaient pas prendre une tournure avantageuse dans la bousculade qui m'attendait. Se concentrer. Déterminer le chemin. Tracer.

J'étais enthousiaste du monde, désormais, après avoir vu les merveilles du palais qabilite de Dar-al-Qarayn. Je retrouvais des lambeaux de mémoire, et je me mettais à parler le gandari avec aisance.

Sayuddin, fils d'Hamma'ani, héritier du Mazighân déchu par le récent mariage de sa mère avec le monso Bilal et les conquêtes qui donnaient le territoire du Haut-Mazighân à Hamilcar en guise de reconnaissance de sa vassalité, Sayuddin donc était pressé de savoir ce que je ferais maintenant qu'il devait rejoindre sa résidence surveillée dans les montagnes.

Et moi, j'avais appris de la source sûre du séraphim Fereydoun que j'étais l'héritier de l'empire de Gandariah. Il me l'avait confirmé alors même que je l'interrogeais dans les jardins en me montrant mon passé dans une orbe bleuté. Je voyais l'accident de ballon dirigeable qui m'avait valu une chute sur le pic de Timra à l'age de huit printemps. Mon sort avait depuis dépendu des simurghs. C'est la raison pour laquelle ils m'avaient confié cette vie et cette charge. 

Alors non, ce n'était pas envisageable d'aller se terrer parmi les gens de peu. Il fallait aller vers la puissance, et c'était une promesse que mes muscles vigoureux m'assuraient de pouvoir contenir.

Le patio était rempli de vivres et d'équipement de voyage, déposés sur le dos de cinq chevaux, dont ma jument grise d'Edjaz, et de trois chamelles blanches du Tahuguthan. J'avais reçu une épée et une tenue de mercenaire pour rejoindre Atka'ab. Hamma'ani m'avait assuré qu'elle se porterait garante de mes moindres volontés devant le vizir du pays du Cobra. Je pouvais voyager sereinement.

Il en fallait de l'adversité... Ce vizir, Omar, surnommé le barbare, "aj-Jahl" devait être de ces kshayatrim, cette secte qui revendiquait le service du démiurge et de ses enfants les dives apsûrs. Alors, il faudrait être bien impudent pour se montrer sous sa face à Atka'ab. C'était pourtant le conseil que j'avais reçu. "Quelque chose auquel personne ne s'attend" comme le disait la nouvelle épouse de Bilal. "Une entrée magistrale dans le milieu de l'aristocratie gandari" avait rappelé Harakim le suffète en poste, général en chef des Faucons d'Airain. C'était avec eux que je devais faire route.

Le temps était clair, les journées tièdes et la route sûre. Plus de guerre. Bilal ne pouvait défier le pays du cobra, il avait déjà bien de la peine à contrôler les carabiniers tuariks et les chefs de clan sangkhorites. Il lui fallait revenir sur ses terres pour les administrer, et montrer à son peuple ses prises de guerre pour asseoir sa légende.
 

Une nouvelle page de Gandariah allait s'écrire, et j'étais la pièce centrale du jeu. L'étoile du Shadiraï. Cent lendemains merveilleux et prenants, mille rencontres, un million de victoires... Tout ce que j'attendais, c'était le destin. Mais il n'y avait rien à attendre. Ce destin était sous mes pieds.

 

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